Natixis renouvelle son engagement auprès de la Fondation Gustave Roussy pour le financement de la recherche contre le cancer

Paris, France, 29 juin 2016

TROIS NOUVEAUX PROJETS DE RECHERCHE SERONT SOUTENUS SUR 3 ANS

Engagée depuis 2011 dans la lutte contre le cancer aux côtés des chercheurs de Gustave Roussy, Natixis renouvelle son mécénat et s’implique dans un essai de médecine de précision, l’essai MATCH-R, dirigé par le Pr Jean-Charles Soria, chef du Département d’Innovation Thérapeutique et Essais Précoces, et le Pr Fabrice André, directeur de l’unité INSERM U981. L’objectif est de comprendre comment les cellules cancéreuses s’adaptent aux thérapies ciblées et aux immunothérapies en développant des mécanismes de résistance.

Natixis choisit également de soutenir deux nouvelles équipes sur 3 ans. Elles travaillent en recherche fondamentale sur des thématiques les plus prometteuses en cancérologie : l’immunologie et la réparation de l’ADN. Les deux équipes sélectionnées par Natixis sont lauréates du programme ATIP-Avenir conjointement organisé par le CNRS et l’Inserm. L’objectif de ce programme est de permettre à de jeunes chercheurs de haut niveau de mettre en place et d’animer une équipe.

 

 

GUSTAVE ROUSSY :

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// L’essai MATCH-R pour comprendre la résistance aux nouveaux traitements

La médecine de précision utilise les thérapies ciblées et permet ainsi de sélectionner le bon médicament pour chaque patient en fonction des altérations génétiques de sa tumeur. Ces nouvelles molécules permettent d’augmenter la survie des patients de 10 à 30 mois et de limiter la toxicité du traitement en épargnant les cellules saines. Elles ont modifié la prise en charge de certains cancers, notamment le cancer du poumon, le mélanome, le cancer du sein, et les tumeurs stromales gastro-intestinales. Malheureusement, dans certains cas, les cellules cancéreuses s’adaptent et développent des mécanismes de résistance.

Le projet soutenu par Natixis et dirigé par les Prs Jean-Charles Soria et Fabrice André consiste à comprendre comment des cellules cancéreuses initialement sensibles à ces nouvelles thérapies et aux immunothérapies développent au cours du temps des mécanismes spécifiques de résistance. Leur objectif est de proposer des solutions pour les contrer.

Dans le cadre de l’essai clinique prospectif MATCH-R, une biopsie de la tumeur et une prise de sang sont réalisées au moment où les patients pris en charge avec une thérapie ciblée ou une immunothérapie pour un cancer métastatique (quel que soit le type de tumeur) développent une résistance. Les portraits moléculaires sont établis soit à partir du tissu prélevé lors de la biopsie, soit sur l’ADN tumoral circulant isolé dans le sang pour identifier les altérations génétiques impliquées dans la résistance. L’objectif de cet essai est d’inclure 600 patients au total sur cinq années. Les nouveaux portraits moléculaires des patients, notamment ceux réalisés sur l’ADN tumoralcirculant, seront financés par Natixis.

 

// Concevoir de nouveaux traitements tels que des vaccins anti-cancéreux

Depuis quelques années, les chercheurs ont découvert qu’une tumeur cancéreuse sait leurrer le système immunitaire. Il ne la reconnait plus comme une cellule à détruire ce qui participe à la prolifération tumorale. Lors de précédents travaux, l’équipe de Sébastien Apcher, rattachée à l’UMR 1015 - Immunologie des tumeurs et Immunothérapie contre le cancer - avait démontré que des peptides antigéniques présentés aux cellules du système immunitaire sont issus de la traduction précoce d’ARN messager, avant les phénomènes de maturation.

Dans le cadre des recherches soutenues par Natixis, le travail de l’équipe consistera à comprendre le rôle d’un complexe protéique, le ribosome, dans la production de ces peptides immunogènes et de déterminer si le phénomène de traduction est comparable ou diffère entre cellules malignes et cellules saines.

L’équipe s’intéresse également au rôle d’un complex régulateur négatif d’une protéase cellulaire (REGy) impliquée dans la production de peptides antigéniques. Ce complexe régulateur est surexprimé dans les cellules cancéreuses, et agirait comme un accélérateur de la dégradation des peptides antigéniques tumoraux.

A terme, ces travaux pourraient participer à la mise au point d’un vaccin peptidique thérapeutique pour aider le système immunitaire à reconnaitre et éliminer les cellules tumorales. Ce vaccin viendra renforcer l’action des médicaments.

Sébastien Apcher est titulaire d’un doctorat en virologie qu’il a complété par 3 post-doctorats dont un à Philadelphie. Dès le début de sa formation il a été passionné par le fonctionnement du système immunitaire, fabuleux instrument de protection du corps humain.

 

// Comprendre les dysfonctionnements de la réparation de l’ADN dans les cancers

L’ADN des cellules subit en permanence des lésions dont la plus préjudiciable est la cassure double brin. Cette cassure entraine un arrêt du cycle cellulaire . La cellule doit alors la réparer afin de poursuivre son cycle de division cellulaire et maintenir l’intégrité de son génome. L’absence de réparation ou une réparation incorrecte peut conduire à la formation d’un cancer.

La machinerie de réparation de l’ADN est composée de nombreuses voies différentes et leur régulation reste encore mal connue. Dans de nombreuses tumeurs, une ou plusieurs voies sont endommagées.

Une des approches thérapeutiques des cancers vise à utiliser les défauts de réparation de l’ADN et s’appelle la « létalité synthétique ». En bloquant les autres voies de réparation par un médicament, esl cellules tumorales n’auraient plus d’option pour réparer leur ADN et finiraient par mourir. Les cellules saines, équipées de mécanismes de réparation « sans défaut », trouveraient des voies alternatives et survivraient.

L’équipe de Gérard Mazon, rattachée à l’UMR 8200 -Stabilité génétique et oncogenèse - s’intéresse aux mécanismes moléculaires de réparation des cassures double brins de l’ADN pour comprendre comment et pourquoi des dysfonctionnements interviennent dans le processus de réparation.

L’objectif principal de cette équipe soutenue par Natixis sera de déterminer les facteurs qui contrôlent l’usage d’enzymes capables de réparer l’ADN (nucléases et hélicases) et d’en comprendre leur effet sur la stabilité du génome.

A terme, l’identification des altérations des voies de réparation de l’ADN qui peuvent mener à un cancer pourraient être utilisées comme cible pour les stra tégies de « létalité synthétique ». Cela permettrait aussi de faire bénéficier à toute la population de tests prédictifs pour dépister les cancers bien avant qu’ils n’évoluent vers des formes plus agressives.

Gérard Mazon est titulaire d’un doctorat en microbiologie. Après 3 post-doctorats, dont un de 4 années à la Colombia University de New-York, il a choisi de rejoindre Gustave Roussy en 2014.

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